Cultures Marines

Texte  repris sur le site 

édité par la Direction des Affaires Maritimes

 

Le terme « cultures marines » désigne l'élevage de coquillages marins (ou conchyliculture), de poissons de mer (pisciculture ou aquaculture marine) et d'algues (algoculture) ou de crustacés.

Véritables éleveurs marins, les conchyliculteurs sont présents sur tout le littoral français. Ils exercent leur activité en mer, sur des sites constamment immergés

ou découvrant à chaque marée, mais aussi à terre dans des bassins naturels (marais, claires). La conchyliculture regroupe notamment l'ostréiculture (huîtres), la mytiliculture (moules), la vénériculture (palourdes), la cérastoculture (coques) et l'halioculture (ormeaux).

Dans le but de préserver les ressources marines, d'autres aquaculteurs marins se tournent vers l'élevage de poissons, de crustacés ou d'algues.

De la production à la commercialisation, ce secteur offre un large éventail de métiers d'aquaculteurs, de l'employé(e) conchylicole au chef d'exploitation.

 

Le secteur et ses métiers
Un secteur au top de son activité

La France produit en moyenne 200 000 tonnes de coquillages et génère un chiffre d'affaires d'environ 806 millions d'€. Composante majeure de l'économie littorale, le secteur emploie environ 20 000 personnes (19 300 en conchyliculture), dont 10 500 travaillent à temps plein dans les exploitations.

Notre pays est le premier producteur d'huîtres en Europe et se place au second rang de l'Union européenne pour l'ensemble des cultures marines, derrière l'Espagne et devant l'Italie.

Des exploitations aquacoles "généralistes" ou spécialisées

Les 52 000 concessions réparties sur le domaine public maritime (DPM) représentent 15 289 hectares de parcs et 1 577 km de lignes de bouchots. Les parcelles sur domaine privé occupent 1 896 hectares.

On compte environ 3 751 entreprises ayant une activité de production et de commercialisation. Certaines exploitations intègrent donc la totalité de la filière (du captage des larves jusqu’à la vente de produits consommables) tandis que d’autres se sont spécialisées dans tout ou partie du processus (écloserie, captage, élevage, affinage ou commercialisation).

Dans une même exploitation, il existe différents niveaux de responsabilité : de l'employé(e) conchylicole qui exerce comme technicien(ne) de la production jusqu’au chef d’exploitation qui est responsable de la conduite et de la gestion de l’ensemble des activités de l’entreprise.

 

Conditions de vie et de travail
Un travail physique qui demande de la patience et impose de respecter l'environnement

Tout au long de l’année, que ce soit pour l’élevage des espèces ou pour leur commercialisation, le travail est très physique, lent et minutieux. En effet, entre les travaux de captage et la vente des coquillages, il peut s'écouler une période de 18 mois à 4 ans.

Essentiellement exercées en plein air, les activités connaissent un rythme et des horaires très variables selon la saison, les cycles biologiques des espèces élevées et les habitudes des consommateurs.

Les cultures marines sont dépendantes de la qualité de l'eau de mer et souffrent des pollutions qui peuvent compromettre des années de travail. Les conchyliculteurs doivent donc faire preuve de vigilance et mettre tout en oeuvre pour préserver ces ressources naturelles.

Salaires

La convention collective des employés conchylicoles prévoit une rémunération spécifique en fonction du niveau de responsabilité dans l'entreprise. Ainsi, l’ouvrier de manutention est payé au SMIC tandis qu'un cadre touchera un salaire souvent élevé (de 15 000 à 45 000 € bruts par an). Les revenus du chef d'entreprise varient en fonction de l'entreprise (taille, types de production) et vont du SMIC jusqu'à 4 ou 5 fois le SMIC.

Voir le site du comité national de la conchyliculture (CNC)
Formations

On ne peut pas être propriétaire du domaine public maritime (DPM), encore moins de la mer. Pour exploiter une entreprise, il faut d'abord suivre une formation qui permet d'obtenir la concession d'une parcelle et de s'installer.

Les formations sont dispensées dans les lycées professionnels maritimes (LPM) et dans les centres agréés par le ministère chargé de la mer : CAPM de conchyliculture, BEPM de cultures marines, BAC PRO cultures marines, certificat d’aptitude à la conduite des moteurs des navires conchylicoles, ainsi que des formations complémentaires en cultures marines.

Espèces cultivées

Les méthodes d'élevage des coquillages varient selon les régions, les traditions et le profil de l'estran (portion de côte découverte par les marées). Les huîtres et les moules représentent 85% de la production française.

L'ostréiculture

L'huître est perçue comme un produit d'exception et véhicule une image festive et agréable. A la manière du vin, on peut parler de « crus » d'huîtres selon le site d'élevage ou d'affinage. Les Français en sont les premiers consommateurs à l'état frais (2 kgs/an et par habitant).

De trois à quatre années sont nécessaires pour l'élevage des huîtres (ostrea edulis, huître plate et crassostrea gigas, huître creuse). Différentes méthodes sont utilisées : à plat, sur tables, en eau profonde et plus récemment sur filières.

Dernière étape facultative de production de l'huître, l'affinage est pratiqué dans des zones moins salées et plus riches en plancton (comme les « claires », qui sont des bassins peu profonds). Ce procédé améliore la qualité de la chair et le goût de l'huître.

La mytiliculture

Avec une consommation (120 000 tonnes) dépassant largement la production nationale, les Français sont aussi de grands amateurs de moules.

Il existe trois méthodes de cultures principales : sur bouchots (alignement de pieux), sur filières suspendues en pleine mer et à plat, à même le sol ou sur tables. Selon la méthode, les moules (mytilus edulis) mettent de 12 à 18 mois pour arriver à maturité.

La cérastoculture

Le semis des coques (cerastoderma edule) peut se faire en pleine ou à basse mer. L'élevage dure de 18 mois à 2 ans. Un passage en bassin est ensuite nécessaire pour dessabler les coques.

La vénériculture

Les palourdes (ruditapes decussatus) se sèment uniquement à basse mer et la période d'élevage dure environ 18 mois. L'élevage en écloseries permet également de fournir des naissains « calibrés » ou des palourdes pré-grossies, ce qui diminue le temps de croissance dans les parcs. Durant la période d'élevage, les palourdes doivent être protégées des prédateurs et notamment des crabes. Pour cela, les exploitations utilisent deux techniques : l'enclos ou un filet horizontal déroulé sur la partie ensemencée.

L'halioculture et autres productions

Depuis quelques années, les entreprises développent l'halioculture qui est l'élevage des ormeaux (haliotis tuberculata) et cultivent d'autres espèces :

poissons marins : truites de mer, bars, daurades, turbots, saumons ;
crustacés marins : essentiellement des crevettes pénéides ;
algues marines : l'algue Undaria pinnatifida