Pêche

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édité par la Direction des Affaires Maritimes (DAM)

 

La pêche maritime
est une des dernières activités de chasse.

Pratiquée depuis toujours dans le milieu naturel de la mer, marquée par des traditions, elle est soumise aux aléas de la production et aux contraintes de l'environnement.

On devrait parler des pêches maritimes tant cette activité recouvre des pratiques différentes selon les "territoires" où elle est implantée.

Les zones de pêche maritime s'étendent des côtes françaises de la Manche,de l'Atlantique, de la Méditerranée, de l'Outre-mer, jusqu'au large de l'Écosse, de l'Irlande, du Groenland, de l'Espagne, de l'Afrique, dans l'océan Indien et même en Antarctique. Depuis 1983, l'activité est encadrée par les mesures de la politique commune des pêches de l'Union européenne édictées pour ajuster l'effort de pêche aux stocks de poissons sauvages disponibles.

Le secteur de la pêche constitue un univers autonome régi par ses spécificités et ses valeurs. Tout au long du littoral, les zones de pêche présentent les situations les plus variées selon les espèces pêchées, les techniques utilisées, les genres de navigation, les débouchés commerciaux, les types d'armement, etc.

Le métier de marin-pêcheur, rude et difficile, reste un métier de liberté, de responsabilité et de solidarité, dont on est fier. C'est un secteur qui offre des emplois et s'ouvre en recrutant de plus en plus en dehors du milieu maritime traditionnel. La formation en constitue la clé d'accès.

La production française occupe la 3e place en Europe.

Dans un contexte de croissance continue de la production mondiale depuis 50 ans, due notamment au développement de l'aquaculture, la pêche maritime constitue une filière économique essentielle pour l'alimentation humaine et le développement des régions littorales. Avec les cultures marines, le mareyage et la transformation du poisson, la pêche constitue un des piliers du secteur des produits de la mer qui emploie 60 000 personnes.

Quelques repères.

En 2007, 24 800 marins ont navigué à la pêche, dont 10 700 à la petite pêche, 3 600 à la pêche côtière, 4 000 à la pêche au large et 1 200 à la grande pêche ; en outre 5 300 conchyliculteurs ont pratiqué également la petite pêche.
La région Bretagne est de loin celle qui emploie le plus de marins : avec près de 30 % des effectifs de marins, elle devance les DOM/TOM (12 %), et la région Poitou-Charentes (10 %) ; 14 % des marins français naviguent en Méditerranée.
La production de poissons, frais (60 %) ou congelés(40 %), est stable autour de 550 000 tonnes pour un chiffre d'affaire global supérieur à 1 milliard d'€ (1,2 Mds € en 2006).
La flotte française en métropole compte plus de 5 000 navires de pêche de toutes tailles :

plus de 4 000 navires de moins de 12 m,
environ 1 000 navires de 12 à 24 m,
260 navires de plus de 24 m.

La flotte française des DOM/TOM compte 2 500 navires de pêche.

La France compte plus de 60 ports de pêche et plus de 40 halles à marée (criées).

Conditions de vie et de travail.

Situations variées, absence de routine, travail en équipe, aléas météorologiques : les marins à la pêche sont habitués à faire face à l’imprévu avec les « moyens du bord » grâce à la cohésion et à la complémentarité de l'équipage. A bord, chacun est un maillon essentiel de l'efficacité et de la sécurité de tous. Malgré des conditions parfois difficiles, les qualités humaines dont ils font preuve leur permettent d'exercer leur métier avec passion et professionnalisme.

Un travail en équipe

Un navire de pêche comprend en général un équipage et un encadrement qui se répartissent les tâches du pont et de la machine en fonction de la taille du navire et du type de pêche. Le travail se fait en équipe. Ainsi sur beaucoup de navires, chacun, quelle que soit sa fonction à bord, participe à la capture du poisson.

L'équipage est chargé de l'exécution des tâches concernant :

la conduite du navire : quart à la passerelle (veille), manoeuvre à la mer et au port, conduite d'une embarcation, préparation des repas, etc.
le traitement des captures : tri, préparation, éviscérage, filetage, conditionnement, stockage, glaçage, salage, manutention ;
la pêche : détection des captures, surveillance des opérations, préparation, mise à l'eau et relève des engins de pêche, chargement et déchargement du navire au port, etc. ;
le service de la machine : entretien, montage, nettoyage, rangement et réparation des engins de pêche, des moteurs, des pompes et autres appareils du bord, entretien général du navire, ramendage des filets, etc.

L'encadrement est composé d'officier(s) et de chef(s) d’équipe :

officiers et boscos organisent et encadrent la conduite du navire et de la machine, la capture et le traitement du poisson, les manoeuvres, etc.

Le patron de pêche est le capitaine du navire :

responsable de l'expédition de pêche, il a toutes les responsabilités : de la pêche, de la sécurité, de la navigation, de l'équipage, etc.. Quand il est propriétaire embarqué, il assure également la gestion économique et financière de son entreprise.

Une activité exigente physiquement.

Les mouvements du navire, les conditions matérielles (bruit, espace, etc.), la répétition des efforts, le rythme de travail font de la pêche une activité physiquement exigente que les aléas de la production et la météo peuvent rendre difficile, voire pénible.

La durée du temps de travail des marins-pêcheurs est réglementée : elle est comptée en nombre de jours (sauf pour les repos qui sont comptés en heures) et ne doit pas, sauf dérogation, dépasser 225 jours par an. L'alternance travail en mer/congé à terre dépend de la durée des sorties de pêche, limitée par le genre de navigation du navire.

Avant d'entrer en formation, il faut passer obligatoirement une visite d'aptitude physique auprès d'un médecin des gens de mer.

Des métiers de plus en plus qualifiés.

Parallèlement à la diminution de leur nombre, de leur taille et de leur puissance, destinée à préserver les stocks de poissons, les navires de pêche font l'objet de progrès technologiques constants. Ainsi l'évolution des équipements, notamment électroniques et frigorifiques, et les performances des engins de pêche ont permis d'améliorer la productivité, la sécurité au travail et la qualité des produits.

Ces progrès demandent aux marins-pêcheurs de devenir des techniciens de plus en plus qualifiés en même temps que des gestionnaires de la ressource.

A bord des navires de pêche, on trouve les métiers suivants : matelot, mécanicien, patron de pêche, chef mécanicien à la pêche, capitaine de pêche.

La formation continue permet au marin d'acquérir les connaissances techniques, biologiques et économiques nécessaires pour progresser dans sa carrière, s'orienter vers le commerce maritime, la grande plaisance, ou bien dans un secteur à terre où ses compétences de navigant sont appréciées.

Des conditions diversifiées.

La pêche donne lieu à une grande diversité d'activités marquées par :

la durée des sorties en mer (de 24h à 90 jours) qui dépend du genre de navigation : petite pêche, pêche côtière, pêche au large ou grande pêche (voir ci-dessous les types de pêche) ;
la technique de pêche : chalut, senne, filet, ligne, casier, etc. (voir ci-dessous les techniques de pêche) ;
la zone de pêche : en vue des côtes de France ou au grand large dans l'Atlantique Nord ou l'océan Indien ;
les espèces pêchées : poissons de fond, poissons migrateurs, etc. (voir ci-dessous les types d'espèces) ;
la production visée (pêche fraîche ou congelée, poissons entiers ou en filets, vente au détail ou pour l'industrie de transformation, etc.) ;
la taille du navire : des barques de quelques mètres naviguant en vue des côtes jusqu'aux thoniers ou palangriers congélateurs de plus de 70 mètres en campagne lointaine pendant plusieurs mois.

Des salaires attrayants

A qualification équivalente, le système de rémunération à la part offre en moyenne des salaires supérieurs à ceux des métiers terrestres : le chiffre d'affaires de chaque sortie en mer, rapporté par la vente du poisson capturé, est partagé entre l'équipage, le capitaine et le propriétaire du navire selon un pourcentage fixé par le contrat de travail. Ainsi le salaire de chacun dépend de la fonction exercée, du type de pêche, de la taille du navire et des espèces pêchées, mais aussi de la météo et du prix du carburant.

Avec des effectifs en diminution, mais des carrières traditionnellement longues qui ont tendance aujourd'hui à se raccourcir, le secteur connaît une constante augmentation des entrées dans la profession.

La formation professionnelle maritime

Initiale ou continue, elle règle l'accès à l'emploi et le déroulement des carrières. Elle prépare aussi bien aux fonctions du service du "pont", qui a en charge la navigation et la conduite du navire, qu'à celles du service de la "machine", qui s'occupe des moteurs, des pompes, des engins de pêche, de l'électronique, des installations frigorifiques, etc.

Une solide formation professionnelle maritime initiale (du CAP au Bac pro) facilite l'insertion et la progression dans un secteur qui a de tous temps favorisé la promotion sociale. Elle est également un atout pour se reconvertir après une carrière de marin. On peut aussi entrer dans la profession par la formation continue comme matelot et pouvoir rapidement commander un petit navire de pêche.

Les filières et les passerelles de la formation continue permettent au marin d'orienter sa carrière en commandant des navires de pêche de plus en plus importants, en s'installant à son compte comme patron de pêche ou en allant naviguer sur des navires de commerce ou de plaisance professionnelle.

Les formations initiales et continues sont dispensées dans les 12 lycées professionnels maritimes, ainsi que dans une vingtaine de centres de formation agréés. Ces établissements sont répartis sur l'ensemble du littoral français, y compris dans les DOM.

La formation continue et la formation en alternance des professionnels de la pêche, de la conchyliculture et des élevages marins sont financées par le Fonds d'assurance formation de la pêche et des cultures marines (FAF PCM).

Types de pêche (ou genres de navigation)
Des types de pêche caractérisés par la durée de la « marée » (la sortie en mer).

Plus la sortie en mer est longue, plus le navire sera grand, adapté et équipé pour partir loin et longtemps à la pêche d'espèces différentes. Ainsi le type de pêche pratiqué varie selon le genre de navigation du navire.

La grande pêche

C'est une pêche industrielle qui dure plus de 20 jours. Elle se pratique sur de très grands chalutiers de pêche hauturière, des thoniers ou des palangriers de 60 à 80 mètres. A bord de ses véritables usines flottantes où le poisson est souvent directement transformé, l'équipage peut compter jusqu'à 50 hommes. Les espèces capturées différent suivant les zones de pêche :

les chalutiers font route vers les mers froides pour pêcher le lieu noir, le cabillaud ou la lingue ;
les thoniers voguent vers les mers chaudes (océan Atlantique, océan Indien) ;
les palangriers partent pour trois mois pêcher la légine en Antarctique.

La pêche au large (ou pêche hauturière)

Les navires concernés comprennent en moyenne un équipage de 5 à 6 hommes et sortent en mer plus de 4 jours mais moins de 20 jours. En moyenne, ces navires quittent le port durant une dizaine de jours. Elle est pratiquée par les chalutiers de plus de 38 mètres, des chalutiers semi-hauturiers de 25 à 38 mètres et par des navires artisans hauturiers de 16 à 25 mètres. Ces navires croisent au large des côtes européennes et capturent des espèces comme le merlu, le cabillaud ou le merlan. Une fois capturés, les poissons sont congelés à bord ou bien mis en glace dans les cales du navire pour être ensuite vendus frais à la criée.

La pêche côtière (pêche artisanale intensive)

Elle s'applique pour les sorties dont la durée est de 1 à 4 jours, avec un équipage de 4 hommes au maximum. Elle concerne les navires de moins de 16 mètres qui sortent en mer de 1 à 4 jours. Durant ces sorties, l'équipage (4 marins maximum ) vide, nettoie et met en glace les espèces capturées.

La petite pêche (pêche artisanale)

A la petite pêche, la « marée » ne peut excéder la journée (sortie de moins de 24 heures). Elle est pratiquée le long des côtes, en général avec un équipage n'excédant pas 3 hommes, sur des navires d’une longueur inférieure à 16 mètres. Les poissons (maquereaux, anchois, soles, sardines, etc.) sont débarqués frais et vendus à la criée ou au marché local.

Techniques de pêche
Différentes techniques (filets, casiers, lignes, ...) variant selon la zone de pêche et les espèces recherchées.

Pour la capture des poissons, les marins utilisent principalement :

des chaluts (filets en forme d'entonnoir) : chaluts de fond pour capturer des poissons vivant sur le fond (merlus, merlans, etc.) ou chaluts pélagiques pour la pêche en pleine eau (anchois, sardines, ... ) ;
des sennes coulissantes (filets tournants) avec lesquels les navires encerclent les bancs de poissons en pleine eau ;
des filets droits (nappes rectangulaires tendues vers le haut par une corde munie de flotteurs et vers le bas par une corde lestée) pour pêcher la sole, le cabillaud, le merlu … ;
des lignes (hameçons garnis d'un appât ou d'un leurre) ou des palangres (lignes de pleine eau garnies d'hameçons sur toute leur longueur) ;

Pour les coquillages ou les crustacés, les marins ont recours à :

des casiers (ou « nasses »), constitués d'un treillis végétal, métallique ou plastique munis d'entrées coniques par lesquelles le crustacé pénètre ; les casiers sont relevés à chaque sortie en mer ;
des dragues (poches aux mailles en textile ou en métal) traînées sur le fond pour capturer différents coquillages (coquilles Saint-Jacques) ou enfouis dans le sable (praires, palourdes, coques ...).

Afin d’assurer la reproduction des espèces pêchées, des mesures techniques, définies par zone géographique, rendent les engins de pêche de plus en plus sélectifs : elles interdisent par exemple la capture de poissons de petite taille et fixent une taille minimale de maille pour chaque type de filet.

Types d'espèces pêchées
Sur les mers et dans les estuaires, les pêcheurs professionnels capturent une grande variété de poissons sauvages.

Selon leur milieu et leur cycle de vie, les espèces de poisson sont regroupées en trois grandes familles (démersales, pélagiques, amphihalines).

les espèces démersales (benthiques ou de fond) vivent sur le fond marin ou dans les eaux profondes ; ce sont généralement des poissons plats : sole, turbot, merlu, lieu jaune, lieu noir, lotte, raie ... ;
les poissons migrateurs (thon, espadon, sardine, anchois, maquereau, hareng,..), qui se déplacent en bancs et vivent près de la surface ou entre deux eaux, appartiennent aux espèces pélagiques ou de haute mer ;
les poissons dont une partie du cycle de vie se déroule en mer et en rivière (saumon, truite, anguille, alose, lamproie, mulet, ...) appartiennent à l'espèce des amphihalines.

Les marins pêcheurs capturent également d'autres espèces comme les crustacés et les coquillages.

Les pêcheurs ramènent dans leurs filets des mollusques marins (seiches, calamars, poulpes) qui vivent près des côtes. Caractérisés par les tentacules à ventouses qui ornent leurs têtes, ces mollusques appartiennent à la famille des céphalopodes. Les homards, les langoustines, les crabes et les crevettes vivent sur le fond et appartiennent aux espèces benthiques. Certains coquillages sont pêchés en mer (coquilles Saint-Jacques), d’autres sont cultivés dans des exploitations marines (huîtres, moules... ).

Réputées pour leurs bienfaits nutritionnels, les algues intéressent également les marins pêcheurs européens.

Composées de nombreux minéraux (iode, calcium, phosphore, potassium), les algues sont consommées telles quelles ou utilisées comme gélifiants, épaississants et émulsifiants naturels d'origine non animale dans différents aliments.

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